Generali Arctic Observer - Journal de bord
 
Generali Arctic Observer - Journal de bord
26.04.10 La représentation graphique de l'altitude et de la vitesse Journal de bord - Diaporama
26.04.10 Simulation de trajectoire d'arrivée en Sibérie Journal de bord - Diaporama
26.04.10 Périlleuse traversée Journal de bord - Diaporama
16.04.10 Clap de fin sur le Generali Arctic Observer
15.04.10 Jean-Louis Etienne de retour en France, en conférence de presse demain vendredi à 14H00 Journal de bord - Vidéo
12.04.10 Retour sur la traversée de l'océan Arctique en ballon au jour le jour Journal de bord - Vidéo
11.04.10 Jean-Louis Etienne récupéré par son équipe Journal de bord - DiaporamaJournal de bord - Vidéo
10.04.10 Jean-Louis Etienne : Je suis en Yakoutie, au milieu de nulle part
10.04.10 Jean-Louis Etienne a atterri ce matin en Sibérie
09.04.10 Jean-Louis Etienne survole la Sibérie
Generali Arctic Observer - Journal de bord
 
Articles plus anciens ›
Retour sur la traversée de l'océan Arctique en ballon au jour le jour
12 avril 2010
Generali Arctic Observer - Journal de bord Partager par e-mail Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

Lundi 5 avril, 6h10 : décollage de Longyearbyen au Spitzberg.
"Je n'ai pas eu une petite, mais une énorme émotion au départ, raconte Jean-Louis Etienne quelques minutes après son décollage. C'était quelque chose d'extraordinaire. C'est un moment d'une grande intensité. Et ça devient petit à petit une beauté magnifique. C'est le grand calme maintenant. Je monte progressivement au-dessus de Longyearbyen. C'est absolument magique. Je commence à deviner les montagnes. Il y a un paysage devant moi fait de montagnes et d'eau. C'est d'un calme absolu, c'est magnifique, c'est comme ça que je l'avais imaginé."

Mardi 6 avril : fin de survol de l'archipel du Svalbard et début de la traversée de l'océan Arctique.
"J'ai volé le long des falaises et me suis fait quelques frayeurs en passant subitement sur des faces à l'ombre , avoue Jean-Louis Etienne lors de sa première vacation avec le PC Vol installé à Saint-Denis. Le vol en montagne n'est pas facile. Il fallait garder une altitude basse pour essayer d'aller d'une vallée à l'autre et me rapprocher le plus possible de la trajectoire que m'avait demandée Christophe Houver (coordinateur du vol, ndlr). A un moment, j'ai dû voler dans le brouillard car la bonne direction de vent se situait dans la brume. Piloter dans la brume est un peu stressant, surtout avec des montagnes autour ! Au-dessus du Spitzberg, j'ai vu des rênes qui me regardaient d'un air ahuri. En quittant la dernière île, je suis descendu très bas au-dessus de l'océan Arctique. Mais je n'y voyais rien du tout à cause des nuages. J'ai alors entendu des bruits, des craquements très impressionnants de la banquise à la dérive qui venait se heurter sur le nord du Spitzberg. Pour la première fois, j'entendais ce fracas de la banquise."

Mercredi 7 avril : tempête de neige dans les parages du pôle Nord.
« Je me suis fait vraiment secoué par la tempête de neige. Pendant quatorze heures, j'ai piloté à basse altitude en essayant de rester à 150 mètres du sol, l'altitude requise. C'était fatigant, et même épouvantable à la fin. Car dans ce vent violent, il y avait des ascendants et des dégueulantes, si bien que le ballon montait très haut et redescendait aussi brutalement. Et en redescendant, les panneaux solaires volaient, se mettaient sur la nacelle. C'était assez spectaculaire mais épuisant. J'ai très peu dormi depuis le départ. Il y a vraiment du gros temps sur le pôle Nord en ce moment. »

Jeudi 8 avril : problème d'énergie à bord suite à la tempête de neige.
« On l'a remonté à 3000 mètres d'altitude pour rebooster les batteries, explique Christophe Houver, coordinateur du vol. En économisant sa consommation, il a facilement 48 heures d'autonomie. Le vol et sa sécurité ne sont pas compromis. On a juste pris des dispositions pour que le vol puisse se dérouler à peu près normalement. En conséquence, le fait d'être monté en altitude l'a éloigné de la trajectoire idéale (vers l'Alaska, ndlr). Il a tourné vers la droite et ce virage sensible va désormais l'emmener vers la Sibérie au lieu du continent nord-américain. Mais cela ne change pas grand-chose à l'enjeu du vol. Il va parcourir à peu près 3000 km à travers l'océan Arctique. »

Vendredi 9 avril : cap sur la Sibérie
« Cela fait douze heures que je vole à 5000 mètres. Après trois jours à basse altitude, entre 100 et 300 mètres, passer tout d'un coup à 5000 mètres, ça use les organismes. Heureusement, j'ai de l'oxygène à bord. C'est une vraie épreuve, difficile physiquement, mais je fais face à la situation. Voler pendant plus de quinze heures sans dormir à des altitudes très basses de 300 mètres avec des vents jusqu'à 50 noeuds, cela ne laisse pas beaucoup de place à l'improvisation, au repos ou à la contemplation du paysage ! Mais cela fait tellement longtemps que j'y pense, que réaliser cette traversée du Pôle en ballon me rend très heureux. »

Samedi 10 avril : atterrissage en Yakoutie (Sibérie) après 121h30 de vol et 3130 km parcourus. Jean-Louis Etienne réussit la première traversée de l'océan Arctique en Ballon, qui plus est en solitaire.
« L'atterrissage, c'est un échouage. Cela s'est bien passé. Je voulais aller beaucoup plus loin, mais je me suis retrouvé en face d'un mur de brume assez compacte. Je ne voulais pas monter pour passer de l'autre côté sans savoir où aller. Et j'étais fatigué. J'ai donc décidé de me poser assez vite avant d'entrer dans le brouillard. Je me suis posé verticalement. Cela s'est bien passé, je m'attendais à pire. Je suis maintenant sur un plateau très rocailleux, en partie couvert de neige. C'est une énorme satisfaction et un soulagement. Il y a quand même eu des moments difficiles pendant ce vol. Je commençais à manquer de sommeil. Il était temps de mettre un terme pour savourer ce vol, qui était long et difficile, mais tellement exaltant. Je me rends compte qu'on ne repousse pas les limites, mais qu'on les découvre. Quand on s'implique, on est capable de faire des choses remarquables qu'on ne pensait pas pouvoir faire. La Sibérie Orientale est l'un des points les plus froids du globe. Il faisait -27°C ce matin ! Il me reste un peu de nourriture, j'ai de l'eau, du chauffage et je vais dormir, dormir, dormir... ».