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Ils sont quatre et forment une équipe très soudée. Sous contrat avec lindustrie pharmaceutique, ils plongent ensemble sous toutes les mers du monde dans le but disoler des molécules bio actives anticancéreuse. Ici à Clipperton ils plongent 2 fois par jour à des profondeurs variant entre 10 et 60 mètres, où ils récoltent des organismes marins, principalement des algues, des éponges et des ascidies. Cette récolte est ensuite triée au laboratoire humide, conditionnée dans des boîtes étiquetées et conservées au congélateur. A Clipperton la biodiversité est minimale si bien que le volume des échantillons prélevés est assez faible, ce qui ne préjuge en rien leur potentiel pharmacologique.
Le voyage sans rupture de la chaîne du froid, de Clipperton jusquau laboratoire PharmaMar en Espagne, sera une prouesse logistique sur laquelle veille Philippe Amade (INSERM) chargé de recherches au Laboratoire de chimie bio-organique de Nice (CNRS UMR 6001). Cette récolte quil effectue avec ses trois plongeurs, Carlos Eguilior, Santiago Bueno, tous deux espagnols, et Mathieu Foulquié, est précieuse ; elle pourrait contenir un futur médicament contre le cancer.
Au laboratoire, les extraits bruts de chaque échantillon seront testés par criblage haut débit sur des cellules de cancers du côlon et du poumon. Le potentiel anticancéreux sera évalué sur la toxicité envers les cellules tumorales humaines. Chaque extrait sélectionné subira un protocole d'extraction, de séparation puis de purification, conduisant à lélaboration de la structure moléculaire du principe actif. De la récolte sous-marine à lélaboration dune molécule active, il sécoule entre 2 et 3 ans. Quand une nouveau principe actif est isolée, le laboratoire protège sa découverte par un brevet. Il entrera ensuite dans le très long parcours des essais cliniques et toxicologiques avant de devenir, 8 à 10 ans après, un nouveau médicament. Cest ce long investissement qui explique le coût élevé de certains médicaments.
La recherche de molécules bio actives en milieu marin est relativement récente. A part quelques algues utilisées en Bretagne comme anti-inflammatoires, il nexiste pas de pharmacopée sous-marine traditionnelle à linstar des plantes médicinales. Cest un nouvel univers pour la recherche médicale.
Temps variable T°air : 29°C à 12 H. Vent NNEE 15 à 30 km/h. P : 1011 hPa.
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Départ en plongée de l'équipe. © Janot Prat
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Collecte d'échantillons sous-marins. © Mathieu Foulquié
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Tri, etiquetage et conditionnement de la récolte. © Xavier Desmier |
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